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Rallier à vélo la base nautique de Brognard depuis le Près la Rose en évitant le flot routier et tous ses dangers, c'est possible ! Démonstration avec l'association VéloCITÉ pays de Montbéliard.
Ce n'est pas le prologue du Tour de France qui se disputait hier après-midi, entre baigneurs et planches à voiles sur le site de Brognard. Pas de course contre la montre et pas de contrôle antidopage mais une armada de cyclistes engagée dans ce qu'elle appelle « une révolution culturelle ». Des hommes et des femmes qui prônent le même message : « le tout voiture, ce n'est plus possible ». En clair, le vélo doit reconquérir la place qu'il s'est fait voler par l'auto. A condition, évidemment, que les pouvoirs publics affichent la volonté d'aménager les structures ad-hoc.
Au registre des pistes cyclables, on ne peut pas dire que le pays de Montbéliard -pourtant berceau du deux roues- soit gâté. L'une des raisons qui a conduit l'association VéloCITÉ pays de Montbéliard, présidée par Denis Mettey, à se constituer. La culture vélo, « qui commence seulement à humecter les semelles des constructeurs de routes », les cyclistes de l'association la conjuguent, non pas à la faveur de grands discours, mais sur le terrain comme hier après-midi. Séance de travail au rythme des pédales sur le thème de « l'accessibilité à vélo de la base de loisirs de Brognard ». Pourquoi précisément cette base nautique ? Simplement parce que c'est un équipement très fréquenté « et qu'il est important de permettre, notamment aux jeunes et aux familles, d'y accéder à vélo en toute sécurité».
Divisés en deux groupes, les cyclistes ont testé hier deux itinéraires depuis le Près la Rose.
L'un a pris la fameuse coulée verte jusqu'au pont routier d'Exincourt, « un tronçon extrêmement dangereux puisqu'il faut franchir une route à hauteur de la bretelle d'autoroute ». Direction ensuite Sochaux puis nouvel axe sensible, 800 m de macadam pour le moins dangereux du côté de Vieux-Charmont.« Un terre plein central a notamment été aménagé et la route a été rétrécie, tant et si bien que les voitures serrent les cyclistes contre les bordures de trottoirs » expliquent les cyclistes.
L'autre groupe a testé un autre itinéraire à l'écart, ou presque, de tout flux routier.« Nous avons changé de rive du canal à hauteur de la passerelle d'Exincourt, suivi l'Allan puis la Savoureuse, franchi le pont de Vieux-Charmont et nous voici à Brognard » commente Bernard Lachambre, les mocassins sympathiquement crottés. L'itinéraire emprunté mériterait quelques travaux d'entretien, histoire d'inviter les nids de poule à aller se faire voir ailleurs. Sinon ? « Sinon, l'emprise existe et il semble bien que ce soit le trajet le plus sûr et fonctionnel pour rejoindre Brognard. Il resterait à y aménager environ 500 m dans le bois de Vieux-Charmont ».Proposition que l'association va faire remonter à l'agence d'urbanisme dans le cadre de la mise en uvre du PDU, Plan de déplacements urbains.
« De même, ajoute François Lachambre, il serait intéressant de conduire une enquête cet été auprès des automobilistes qui fréquentent la base nautique, savoir si certains s'y déplaceraient à vélo et à quelles conditions ? Si l'itinéraire était aménagé, jalonné, sécurisé, je suis persuadé qu'on passerait des cinquante baigneurs venant à Brognard à vélo à 500. Quand on voit le succès de la coulée verte, il y a fort à parier qu'un accès cyclable pour les habitants du sud et du centre de l'agglomération jusqu'au site nautique ferait un tabac. D'autant que le vélo est complémentaire de la baignade ». Manifestement, il y a un créneau à creuser.
D'autres réflexions à conduire pour faciliter l'accès à la base nautique des cyclistes venant de Bethoncourt et Grand-Charmont comme pour ceux résidant dans le secteur Etupes-Fesches et ailleurs. L'association s'y attelle comme elle invite les constructeurs de routes à mieux penser les infrastructures. En tout cas à s'imprégner de la culture vélo quand elle réduit la largeur des routes pour limiter la vitesse des autos.« Du coup de sont les cyclistes qui trinquent parce qu'ils se font faucher par les véhicules » déplore Nadine, une fidèle de la petite reine. Avec son mari Italo, la dame boroillotte vient de sillonner les gorges d'Ardèche à bicyclette. 100 km par jour, ça use les pneumatiques, pas le moral. Il faut dire que dans la tribu de l'association VéloCITÉ, on a une énergie du feu de dieu. Tout cela pour que le deux roues reprenne ses droits. Il est tellement plus écolo.
Carte d'état major à l'appui, ils ont testé les itinéraires les plus sûrs.
Du Près la Rose à Brognard à vélo : huit kilomètres en trente minutes sans se presser avec l'association VéloCITÉ pays de Montbéliard.