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Actualités 2001 : le Pays 13 mai

Des guerriers à vélo

Les voies réservées aux cyclistes à hauteur des falaises d'Arbouans ne seraient pas des pistes cyclables mais des « surlargeurs ». Dixit le conseil général. Et les panneaux bleus, arborant des petits vélos, posés à chaque extrémité de la piste, c'est quoi ?

EN FÉVRIER dernier, l'association VéloCITÉ pays de Montbéliard adressait un courrier au Conseil général du Doubs. Lettre dans laquelle elle évoquait ses insatisfactions et ses inquiétudes concernant la prise en compte des besoins des cyclistes dans l'entretien et les aménagements de la voirie départementale dans le pays de Montbéliard. Quand VéloCITÉ en a gros sur le cœur, elle le dit et basta cosi. Claude Girard, le président du conseil général, a répondu à l'association. Certes, il lui a fallu quatre-vingt un jours pour préciser, noir sur blanc, les orientations de l'assemblée doubiste en matière de politique cyclable mais on ne va mégoter sur le temps qui passe. D'autant que la réponse du conseil général, reçue le 27 avril par VéloCITÉ, a le mérite de réjouir l'association. Comme le souligne François Lachambre, ardent militant du biclou urbain, « le conseil général a la volonté politique de développer les pistes cyclables et entend jouer la carte de la concertation avec les usagers dans le cadre des grands chantiers comme l'aménagement de la véloroute, ça c'est positif ».

piste cyclable le long de la descente d'Arbouans

Photo le Pays
Petite halte « coup de gueule » hier matin à hauteur des falaises d'Arbouans. L'association « VéloCITÉ » nettoie symboliquement la piste cyclable dont l'entretien n'est pas assuré par le conseil général au motif qu'il ne s'agit pas d'une piste pour les vélos. Ah bon ?

Gonflé

Seul hic : il y a aussi du négatif ou du pas franchement très clair. Dans son courrier, VéloCITÉ déplorait l'entretien quasi-inexistant des rares infrastructures cyclables existantes dans la région montbéliardaise. Il y a deux pistes à entretenir. Pas cinquante. Et pourtant. La piste reliant la gare d'Audincourt à la portière cycles des usines Peugeot via Exincourt est totalement déficiente. Elle est envahie par les ronces et les broussailles, l'éclairage est insuffisant, le revêtement est encombré de pierres ou de graviers. Selon le conseil général, cette piste comporte différents ouvrages d'art dont la solidité ne permet plus le passage d'engins d'entretien lourds. Soit. Le CD 34 entre Montbéliard et Audincourt en passant par Arbouans comporte deux bandes cyclables, qui ne sont pas mieux loties. Feuilles mortes, branches, pots d'échappements et pièces diverses jonchent cette piste en triste état. A ce propos, le conseil général dégage en touche : il ne s'agit pas d'une piste cyclable mais de « surlargeurs multifonctionnels constituant l'accotement de la route et destinés à la récupération ou à l'arrêt des véhicules dans des circonstances particulières ». Ce qui signifie, que le département n'a pas à en assurer l'entretien d'une part, que sa responsabilité ne peut être engagée si un incident vient à s'y produire. Si ce n'est pas une piste cyclable, comment alors expliquer les deux panneaux ronds, bleus et arborant des vélos disposés à chaque extrémité des bandes ? Une vue de l'esprit? Pas vraiment. VéloCITÉ rigole.

Giratoires : danger

« C'est gonflé de la part du conseil général. Il a mis plus de deux mois pour nous répondre et nous assène des énormités », soupire François Lachambre, empoignant un balais-brosse pour nettoyer symboliquement la piste à hauteur des falaises d'Arbouans. Denis Mettey (le président de l'association), Bernard, Hubert Jean, Nadine et François reviennent de l'inauguration d'une nouvelle piste à Audincourt. A vélo évidemment. Petite halte sous un soleil estival sur la départementale 34 pour pousser un coup de gueule. Les cyclistes ne seront pas à la fête sur la nouvelle nationale 437 en cours d'aménagement entre Audincourt et Etupes. Le remplacement de carrefours à feux tricolores par des giratoires à gros débit (rond point à hauteur d'Atlas, futur giratoire près de chez Lapeyre) « rend ces carrefours infranchissables pour les cyclistes ». Malgré toutes les bonnes intentions, le cycliste demeure en danger dans la jungle urbaine où la traversée des giratoires, toujours plus gigantesques, relèvent du parcours du combattant. Bien sûr, une passerelle cyclable sera construite entre la Croisée de Taillecourt et le carrefour Lapeyre, « mais cela signifie que le cycliste devra faire un détour de 800 m pour y accéder, ce qui totalement inacceptable en zone urbaine dense. Qui acceptera de faire pareil détour pour aller faire ses courses?» Le conseil général s'appuie sur une enquête d'utilité publique datant de 1996 pour argumenter ses choix cyclistes. L'utilisateur du deux roues n'en restent pas moins sur sa faim. « C'est plutôt décourageant, déplore Nadine. Le vélo est si peu pris en compte dans les aménagements urbains. En ville, nous sommes en danger permanent ». Plein de bonne volonté, le conseil général est prêt à en discuter. « Chiche, répond VéloCITÉ. Les paroles, c'est bien. On veut aussi des actes ». Le 2 juin à Montbéliard, l'association remettra le couvert façon revendications lors de la fête du vélo. Et roulent les projets comme roule le vieux biclou de François Lachambre, un vélo de 1966 exempt de contrôle technique ! Ses parents le lui avaient offert pour son brevet !

Françoise Jeanparis

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