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>>La sécurité routière alliée du développement durable

11 juin 2009
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Sécurité routière et développement durable : voilà deux raisons majeures souvent ignorées par l’opinion courante et qui pourtant permettent de se convaincre d’utiliser le vélo pour se déplacer en ville. Ce thème a été retenu pour les prochaines rencontres parlementaires sur la sécurité routière, et tant mieux si la FUBicy a été sollicitée pour y intervenir. Cette approche change de ce que le cycliste quotidien entend quand il croise des personnes qui n’osent pas circuler à bicyclette, et se résignent à alimenter la masse des déplacements motorisés dont 50% représente une distance de moins de trois kilomètres. Combien de fois faut-il alors répéter à ces incrédules que, non ce n’est pas fatigant, non ce n’est pas dangereux, que oui c’est bon pour la santé et recommandé par le médecin (pour le voir le moins souvent), et oui c’est plus économique que tous les modes motorisés ?

Le vélo est un allié sûr pour la sécurité routière car il favorise le partage de la rue et la modération de la vitesse. Encore faudrait-il arrêter de faire porter le chapeau aux cyclistes et s’attaquer en priorité à l’amélioration de la cohabitation avec les poids lourds et les bus. Pour diminuer l’accidentologie du vélo urbain ceux qui insistent encore sur l’idée d’une obligation du casque font fausse route, et pire sont responsables de l’ignorance très répandue du danger des angles morts des véhicules lourds : il y a là un enjeu bien réel pour réduire les accidents mais il faudrait que tous les conducteurs entendent ce message et respectent les piétons, les cyclistes et les aménagements cyclables. Il y a urgence à rattraper ce retard de communication typiquement français pour améliorer le combat contre l’insécurité routière.

Le vélo est enfin un outil de développement durable à la portée du plus grand nombre, et parce que durable, économique pour les dépenses publiques. Les autorités locales en prennent conscience mais le mettent très inégalement en actes : si des initiatives sont prises pour favoriser les déplacements à bicyclette à l’échelle des agglomérations, l’ambition de l’Etat reste faible malgré les rapports, l’expérience concluante de nos voisins européens et la volonté de mettre en œuvre un Grenelle II de l’environnement. Ce n’est plus la peine d’éditer des tonnes de dépliants pour annoncer pour demain de bonnes intentions détachées de la réalité : mieux vaut dès maintenant traduire dans nos déplacements quotidiens une volonté, ou plutôt la nécessité, de lutter contre le réchauffement climatique. Le transport est une donnée du problème, et donc il est aussi une donnée de la solution.

En septembre 2007 à l’occasion de la semaine de la mobilité, la FUBicy et le Club des Villes Cyclables demandaient dans un communiqué commun à l’Etat français de fixer un objectif de 10% des déplacements à vélo pour 2012. Nous avons sans doute été écoutés mais peu entendus... La récente charte européenne des villes cyclables lancée à la conférence Vélocity à Bruxelles le 15 mai dernier a repris l’objectif d’au moins 15% de part modale pour le vélo en 2020 : si le chiffre est ambitieux, surtout pour la France, les délais sont lointains. Les maires de Bègles, Bordeaux et Toulouse font partie des premiers signataires, mais il n’est pas interdit à certains élus de faire plus vite : n’hésitons pas à le leur rappeler !

Christophe Raverdy Président de la FUBicy


Vélocité n°101 - juin 2009



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